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LES JEUDIS DE LA RECHERCHE DE L’X

Défi économique : Nouvelles approches, nouvelles politiques

LA RECHERCHE A L’X

Frank Pacard, directeur de l’enseignement et de la recherche

L’École polytechnique s’appuie sur un centre de recherche de pointe qui rassemble 22 laboratoires, dont 21 unités mixtes de recherche avec le CNRS.

Un centre de recherche dynamique et  reconnu

Regroupant 1600 personnels de recherche, le centre de recherche de l’X allie l’approfondissement des aspects les plus fondamentaux de la recherche pour le progrès des connaissances au développement de grands domaines plus appliqués qui répondront aux enjeux scientifiques, technologiques et sociétaux du 21e siècle.

Une stratégie de recherche organisée autour de 8 thématiques

L’École polytechnique a défini 8 thématiques pour orienter sa stratégie de recherche. Ces thématiques de recherche répondent à des enjeux sociétaux et technologiques par le biais de projets transverses et multidisciplinaires, auxquels sont  associés les laboratoires de l’École :

• bio-ingénierie, biologie et santé ;

• concepts et méthodes pour la société numérique ;

• énergies, transports et environnement ;

• modélisation et optimisation des systèmes complexes ;

• marchés, innovation et relations science et société ;

• matière et lumière en conditions extrêmes ;

• nanosciences, matériaux innovants et procédés efficaces ;

• structures et lois universelles.

Les défis pour la société de demain 

Cette année, les Jeudis de la Recherche explorent quatre grands défis sociétaux : les défis climatiques, sécuritaires, économiques et sanitaires. Aujourd’hui, c’est au tour du défi économique d’être illustré par des recherches effectuées dans les laboratoires de l’X, sous l’angle :

« Défi économique : nouvelles approches, nouvelles politiques ».

Dans un monde de plus en plus complexe et en pleine mutation, de nombreuses questions se posent quant à l’orientation future des politiques économiques des pays, et notamment de la France. Les travaux des chercheurs en économie prennent, dans ce contexte, de plus en plus d’importance et éclairent les décisions des politiques. L’école d’économie française a formé ces dernières décennies des économistes de haut niveau, dont certains sont issus de l’École polytechnique ou y travaillent. Le Centre de Recherche en Économie et STatistique (CREST) est une unité mixte de recherche CNRS-ENSAE-École polytechnique. Les travaux des chercheurs du CREST s’inscrivent dans cette dynamique, ils permettent de mieux comprendre les mécanismes qui régissent les différents aspects de l’économie mais également d’identifier des axes d’amélioration pour notre société.

Les recherches au sein du CREST se démarquent par un attachement fort aux méthodes quantitatives, à la culture des données, à la modélisation mathématique et aux allers-retours entre modèle, expériences et faits empiriques. Ainsi, l’unité se distingue par une approche résolument quantitative, caractérisée par l'utilisation et le développement de méthodes mathématiques (statistiques, économie mathématique, économétrie théorique, etc.) dans le but d’analyser des problèmes économiques et sociaux concrets.

Les exposés d’Édouard Challe, Isabelle Méjean et Patricia Crifo vous permettront aujourd’hui de découvrir différents résultats qui illustrent le rapport entre chômage et épargne de précaution, les fluctuations du PIB français, ou encore l’apport de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Les travaux de Patricia Crifo sont réalisés dans le cadre de la Chaire « Finance Durable et Investissement Responsable » dont elle est le porteur, et qui s’appuie sur les compétences d’équipes de chercheurs hautement qualifiés et jouissant d’une réputation internationale. Isabelle Méjean est, quant à elle,  lauréate d’une bourse de l’European Research Council.

Grâce aux scientifiques de notre centre de recherche, véritable moteur de l’École polytechnique, nous espérons que ce nouveau « Jeudi de la recherche de l’X » vous permettra de mieux comprendre l’économie du monde d’aujourd’hui afin d’imaginer les nouvelles politiques économique à mettre en place dans celui de demain.

Frank Pacard,

Directeur de l’enseignement et de la recherche


Édouard Challe

Directeur de recherche CNRS et professeur associé

au Centre de Recherche en Économie et Statistique de l'École polytechnique

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Édouard Challe est titulaire d’une thèse en économie de l’université Paris-Nanterre.  Après un post-doctorat à Ente Einaudi à Rome, il rejoint l’University of Cambridge en tant que maître de conférences (2003 – 2005), puis l’Université Paris-Dauphine comme chargé de recherche CNRS (2005-2008). Il est aujourd’hui directeur de recherche CNRS et professeur associé à l’École polytechnique. Il est également directeur adjoint du Centre de Recherche en Économie et Statistiques (CREST) et vice-président du département d’économie de l’École polytechnique.

Les recherches d’Édouard Challe portent sur les fluctuations macroéconomiques, les bulles spéculatives, et les politiques macroéconomiques. Ses travaux ont été notamment publiés dans le Journal of Economic Theory, Economic Journal, International Economic Review et Quantitative Economics. En 2015, ses travaux ont été distingués par le Cercle des Économistes, lui valant une nomination au Prix du meilleur jeune économiste. 


Comprendre l’instabilité macroéconomique :
Rôle de l’épargne de précaution

La macroéconomie s’intéresse aux grandes variables économiques telles que la production, l’investissement ou encore le taux de chômage, pour expliquer leur mise en relation dans les phénomènes économiques à l’échelle nationale ou internationale. Cette branche de la science économique est un outil indispensable aux politiques macroéconomiques (politique monétaire, politique budgétaire), qui visent notamment à limiter l’ampleur des récessions et leurs coûts sociaux.

Depuis la crise de 2008, et la « Grande Récession » qui a suivi, la macroéconomie a été mise à mal par de nombreuses critiques, lui reprochant de ne pas avoir su prévoir et compris ce bouleversement économique, ou encore de ne véhiculer que de grandes idées abstraites incarnées dans des modèles excessivement simplificateurs.

La recherche en macroéconomie s’est profondément renouvelée depuis et les imperfections des marchés financiers, l’hétérogénéité des ménages et des entreprises, ou les dynamiques du marché de l’emploi y jouent désormais un rôle central. Leur intégration donne aujourd’hui une bien meilleure représentation de la réalité et des prévisions qui en découlent.

Dans cette perspective, les recherches présentées par Édouard Challe portent sur le rôle de l’épargne de précaution dans le cycle économique et plus spécifiquement sur l’intégration de trois mécanismes aux modèles macroéconomiques actuels :

  • La prise en compte du risque de chômage au niveau individuel ;
  • Le fait que ce risque est par nature imparfaitement assuré, ce qui engendre un motif d’épargne de précaution;
  • La rigidité des prix, qui empêchent ceux-ci d’amortir les chocs macroéconomiques .

Ces mécanismes permettent d’expliquer pourquoi des chocs macroéconomiques, souvent modérés, peuvent se traduire par des crises économiques de grande ampleur, leur interaction menant à un cercle vicieux : une augmentation du chômage élève l’épargne de précaution, ce qui déprime la demande, renforce l’augmentation initiale du chômage, etc.

Ce phénomène peut habituellement être contrôlé par la politique monétaire :la banque centrale influence le coût du crédit afin de stimuler l’économie en période de récession, ou au contraire la ralentir en période de surchauffe conduisant à un excès d’inflation. Aujourd’hui cependant, la zone euro est enfermée dans une situation de « trappe à liquidité » où des taux d’intérêt nuls voire négatifs ne suffisent plus à stimuler efficacement la croissance. Dans cette situation, des politiques économiques « non conventionnelles », et peut-être même des politiques « iconoclastes », peuvent se révéler nécessaires pour relancer l’activité et casser la spirale de l’épargne de précaution.


Isabelle Méjean

Professeure associée
au Centre de Recherche en Économie et Statistique de l'École polytechnique


Après une thèse en macroéconomie internationale effectuée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Isabelle Méjean rejoint l’École polytechnique en 2007, en tant que professeure chargée de cours au département d’économie. Après six années à l’École polytechnique et une année au département de la recherche du Fonds Monétaire International, elle est titularisée professeure associée en 2014.

Ses travaux de recherche portent sur l’économie internationale avec une dimension empirique importante. Elle utilise des données d’entreprises pour comprendre comment l’hétérogénéité des firmes affecte l’équilibre macro-économique.

Après avoir reçu le prix Malinvaud en juillet 2016, Isabelle Méjean a obtenu une ERC Starting Grant pour ses recherches en économie internationale.



Décrypter l’équilibre macroéconomique :
Impact de la diversité des entreprises

Là où la macroéconomie se concentre sur les interactions entre grandes variables économiques, la microéconomie s’intéresse aux comportements des individus et des entreprises à petite échelle. Les travaux de recherche d’Isabelle Méjean se situent à la croisée des chemins puisqu’elle utilise des données microéconomiques, notamment les liasses fiscales des entreprises, pour mieux comprendre des tendances macroéconomiques.

La chercheuse a su développer un programme de recherches original dans lequel elle part de bases de données relatives aux entreprises françaises, identifie un certain nombre de facteurs tels que la taille ou la participation aux marchés internationaux (qui varient substantiellement d’une entreprise à l’autre) et étudie l’impact de cette diversité sur l’équilibre macroéconomique.

Cette hétérogénéité des entreprises peut conduire à des réponses variées face à un même choc agrégé tel qu’un changement de taux d’intérêt directeur ou un choc sur le prix du pétrole.

Par ailleurs, les risques auxquels sont exposées les entreprises sont également de nature très diverse. Si la macro-économie concentre principalement son attention sur des chocs agrégés, la plupart des décisions qui sont prises au sein des entreprises sont liées à des perturbations dites idiosyncrasiques, comme la perte d’un gros client, un retard de la part d’un fournisseur, un mouvement social au sein de l’entreprise.

Ce type de chocs est généralement négligé en macroéconomie sur la base d’un argument reposant sur la loi des grands nombres : avec un grand nombre d’entreprises, les perturbations idiosyncrasiques devraient se compenser les unes avec les autres et leur impact agrégé rester faible. Les travaux d’Isabelle Mejean montrent que cet argument ne tient pas du fait de la microstructure de l’économie française : La forte hétérogénéité des tailles d’entreprises et les liens entre entreprises conduisent à une amplification de l’effet des perturbations idiosyncrasiques. Au final, la chercheuse estime que la moitié des fluctuations de la croissance du PIB français est attribuable à l’effet cumulé de chocs idiosyncrasiques.

L’analyse de ces effets permet de mieux comprendre les déterminants de l’équilibre macroéconomique et donc de l’efficacité de la politique économique. La diversité du tissu économique nécessite des soutiens ciblés aux entreprises, prenant en compte l’hétérogénéité de leurs vulnérabilités et la diversité de leurs réponses à un choc donné.


Patricia Crifo

Professeure chargée de cours à l'École polytechnique,
Professeure à l'Université Paris Nanterre - Economix,
Co-responsable de la Chaire Finance Durable et Investissement Responsable (TSE - École polytechnique)

Normalienne et titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Lyon (2001), Patricia Crifo est professeure à l’Université Paris Nanterre – Economix et professeure chargée de cours à l’École polytechnique, où elle co-dirige notamment la chaire Finance Durable et Investissement Responsable (École polytechnique et Institut D’Économie Industrielle de la Toulouse School of Economics).  Elle est également chercheuse associée externe du Centre Interuniversitaire de Recherche en ANalyse des Organisations (CIRANO, Montréal), membre du Conseil Economique du Développement Durable, du comité du label ISR (investissement socialement responsable), du Jury du prix du Forum pour l’Investissement Responsable  et de la Fondation pour la connaissance des énergies.

Ses recherches portent sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, la croissance verte, le progrès technique, l’organisation du travail et les inégalités.  Ses travaux ont été notamment publiés dans Journal of Corporate Finance, International Journal of Production Economics, Journal of Business Ethics, Economic Modelling, Review of Economic Dynamics. Ils lui ont valu d’obtenir le prix du Meilleur Jeune Chercheur de la ville de Lyon en 2002 et d’être sélectionnée pour le prix du Meilleur Jeune Economiste décerné par le Cercle des économistes en 2010. Patricia Crifo a été élevée au rang de Chevalier de l’Ordre national du mérite en 2014.


Soutenir la croissance :
Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises

Patricia Crifo s’intéresse à la croissance à long terme et au rôle des entreprises dans cette croissance.

Ses recherches s’inscrivent dans un double contexte de crises écologique d’une part et économique et financière d’autre part, dont les causes peuvent varier, mais qui partagent toutes un point commun : une mauvaise allocation des capitaux, appuyée par des comportements irresponsables dans de nombreux secteurs (immobilier, énergétique, financier...) Ce schéma, globalement insoutenable, est responsable des excès d'émission de gaz à effet de serre déréglant le climat et est marqué par une augmentation spectaculaire des inégalités, une instabilité économique croissante et de multiples crises.

La clef pour sortir de ce modèle se trouve en premier lieu dans la politique économique. Mais dans un contexte où ses marges de manœuvres sont limitées et souvent mal acceptées, , sur quels autres leviers les pouvoirs publics peuvent-ils s’appuyer ?  Le secteur privé, et les entreprises en particulier, ont-ils un rôle à jouer et comment ? Les recherches présentées par Patricia Crifo visent à identifier dans quelle mesure et sous quelles conditions les entreprises peuvent être des éléments moteurs de la transition énergétique.

Les entreprises ont une perception très nette de ces enjeux puisqu’elles déploient des ressources croissantes pour être ou apparaître comme responsables sur le plan environnemental et social. Ces stratégies de responsabilité sociale et environnementale (RSE) peuvent être un levier de compétitivité des entreprises et donc de croissance à long terme,

Des axes d’amélioration peuvent être identifiés, notamment par l’encadrement de la divulgation d’information sur les pratiques RSE et la lutte contre le greenwashing, par l’analyse de l’ensemble des réseaux de fournisseurs et sous-traitants des entreprises exemplaires, mais aussi leurs relations sociales, leurs comportements sur les marchés ou encore leur structure de gouvernance, afin de contrôler que leur responsabilité ne s’arrête pas à l’image de leur seule firme.

Si la responsabilité sociale et environnementale a pu être considérée comme un slogan marketing, les travaux de recherche en économie de Patricia Crifo, argumentés par une démarche à la fois théorique et empirique, permettent de légitimer la nécessité d’une transition vers plus de RSE.

À PROPOS DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE / Largement internationalisée (36% de ses étudiants, 39% de son corps d’en­seignants), l’École polytechnique associe recherche, enseignement et innovation au meilleur niveau scientifique et technologique. Sa formation promeut une culture d’excellence à forte dominante en sciences, ouverte sur une grande tradition humaniste.
À travers son offre de formation – bachelor, cycle ingénieur polytechnicien, master, programmes gradués, programme doctoral, doctorat, formation continue – l’École polytechnique forme des décideurs à forte culture scientifique pluridisciplinaire en les exposant à la fois au monde de la recherche et à celui de l’entreprise. Avec ses 22 laboratoires, dont 21 sont unités mixtes de recherche avec le CNRS, le centre de recherche de l’X travaille aux frontières de la connaissance sur les grands enjeux interdisciplinaires scientifiques, technologiques et sociétaux. L’École polytechnique est membre fondateur de l’Université Paris-Saclay.

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